Mai
2004

Minisite pédagogique


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2. BIOGRAPHIE DE NANNI MORETTI, cliquez ici
3. MORETTI, REVELATION SENSIBLE, cliquez ici
4. ETUDE DE SEQUENCES DE CARO DIARIO, cliquez ici
5. ETUDE DE SEQUENCES DE APRILE, cliquez ici
6. FILMOGRAPHIE DE NANNI MORETTI, cliquez ici
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Destiné aux élèves et enseignants accompagnant les DVDs de "Caro Diario" et "Aprile" - Studio Canal 2004.
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- 4 études de séquences de Aprile

Sur le DVD de APRILE édité par Studio Canal, vous trouverez 4 analyses de séquences audio réalisées par Alexandre TYLSKI, rédacteur en chef de la revue Cadrage. Nous vous offrons ici les retranscriptions écrites de ces analyses.

Réfléchir sur soi-même

« APRILE commence sur la défaite, sur la défaite de la gauche aux élections en Italie et avec un extrait télévisuel tiré d'une des chaînes appartenant à Berlusconi qui venait de remporter les élections. Ceci est un vrai extrait télévisuel, extrêmement propagandiste, mais vrai qui n'a absolument pas été remis en scène par Moretti. Les italiens en voyant le film étaient très surpris de voir qu'il s'agissait effectivement d'un vrai extrait car la teneur, le propos du commentateur est assez stupéfiant puisque Berlusconi, on le sait, a plusieurs chaînes en Italie et détient une grande partie des médias.

Premier dévoilement de Moretti dans APRILE, c'est ce dévoilement de l'actualité et de la situation économique et politique de l'Italie d'alors. Il faut savoir que APRILE devait être au départ un documentaire composé d'extraits télévisuels de ce type et d'interviews et qui ensuite a évolué vers une forme plus fictionnelle dans laquelle la vie privée de Moretti s'y confond. Encore une fois nous voyons ici la vraie mère de Moretti, dans un vrai lieu, ce n'est pas du tout un décor, il n'y a pas de manipulation, pas de chose comme ça, pas de musique hollywoodienne, mais nous sommes placés d'entrée de film dans une situation de réalisme et d'intimité et surtout nous sommes placés situation d'observateurs. Nous sommes assis, spectateurs, observateurs du monde, observateurs d'une vie privée, celle de Moretti.

Et Moretti, depuis ses premiers courts métrages, en 73, joue dans ses propres films et a un engagement physique, en tant qu'acteur, en tant que réalisateur, mais aussi un engagement politique que l'on connaît. Homme de gauche, il a toujours revendiqué, dévoilé ses opinions, et il les a fait partager depuis toujours avec les spectateurs. Nous verrons que APRILE est aussi un film sur ce dévoilement, alors avec beaucoup d'ironie bien sûr, on le voit avec un joint, avec beaucoup de tendresse aussi, mais un vrai dévoilement de l'actualité et de l'Italie, et de lui-même bien évidemment. Il est question aussi de fils, Berlusconi parle de son fils là, ce n'est pas un hasard non plus, il est question de fils puisque APRILE est aussi un film qui raconte la naissance du fils de Moretti lui-même, et c'est aussi un dévoilement de sa famille, de là où il en est à cette époque là de sa vie.

Alors bien sûr la confrontation avec un journaliste français qui explique que la situation en France est moins bloquée ou moins caricaturale dans la propagande, bon on n'y croit pas trop, mais en tout cas Moretti a bien conscience que son pays est malade quelque part et qu'il faut enfin réfléchir sur son pays et d'où aussi cette idée d'être en position d'observateur dans l'intimité de l'Italie. Alors il nous pose en spectateur et observateur dès le début du film avec beaucoup d'ironie mais nous ne sommes pas placés dans une situation de mise en scène où nous sommes voyeurs, mais nous sommes voyants, il nous demande de regarder les choses et de réfléchir, dans une certaine sérénité.

Le plan que nous avons ici c'est aussi le mouvement propre à Moretti depuis quelques films, le mouvement qui va toujours en avant, nous verrons que dans la dernière séquence du film il y a ce mouvement qui part toujours en avant puisque Moretti cherche toujours à aller de l'avant, cherche à bouger et à réfléchir et à comprendre. Et ce zoom avant qui est très beau est une très belle prise de conscience due à un très léger effet de soleil au fond de l'image qui était très joli sur l'éveil et le réveil et qui est très important dans les autres séquences du film nous le verrons.

C'est aussi une démarche évidemment, une démarche politique, physique et esthétique de Moretti qui déambule dans les manifestations, qui se filme à l'intérieur même des manifestations et qui filme la confrontation entre sa propre démarche et celle d'une collectivité, celle d'un pays tout entier et ces plans assez étonnant de parapluies par centaine, est très beau et trouvera un écho fondamental dans le reste du film dans les coupures de journaux, dans la multitude de fragments du film qui est aussi composé comme un journal intime, à l'image du film qu'il a réalisé précédemment et dans cette idée de filmer la multitude et de trouver l'humanité au cœur de tout ça.

Encore une fois il y a quelque chose de Diogène chez Moretti. Alors il insiste sur évidemment la pancarte "joie de la mémoire"; le journal intime évidemment dans sa construction est tout indiqué pour se rappeler des choses et il a déclaré dans ses interviews qu'il voulait faire des films pour se souvenir, non pas pour faire se souvenir les gens. Il ne veut pas imposer un point de vue, encore une fois, il veut se souvenir lui-même. C'est d'abord et avant tout une démarche intime dans une collectivité et dans un pays tout entier. »

Dormir ou marcher

« Moretti ne tourne pas beaucoup de plans et d'angles de prise de vues mais quand il le fait, c'est toujours foudroyant, notamment dans les champs contre-champs. Là il récite une liste assez surréaliste, on se demande s'il n'est pas devenu fou et dans le contre-champs on se rend compte qu'il est en train de demander des magazines au kiosque. Et ce n'est pas lui qui est aliéné mais c'est peut-être une certaine société aliénée, anesthésiée par un certain nombre de magazines. Là encore, le dévoilement de la caméra dans le contre-champs est très intéressant. S'en suit dans cette accumulation de titres, d'images, un écho, un leitmotiv, dans APRILE où il y a, comme au début avec les parapluies, un mélange, une multitude qu'il faut canaliser, qu'il faut essayer de remanier et de rassembler.

Là il fait un vrai travail de monteur, de chercheur, de réalisateur, qui assemble les choses et c'est vrai qu'on a beaucoup parlé chez Moretti, de puzzle et de mosaïque. Là il exécute, on croit que c'est un mur au départ, mais il exécute en réalité sur le sol, à même le sol, un grand journal, un journal d'images, terre à terre, de toute l'Italie et on se rend compte que au lieu d'éveiller toute l'Italie, avec ses images et ses informations, il crée un grand journal d'information qui ressemble plus à un lit et à un linceul, on va le voir, qu'à véritablement une position d'éveil de la société et des citoyens. C'est une démarche évidemment éminemment civique qu'il envisage ici d'une façon très inventive et très ironique, donc il tire le drap, la couverture, non pas pour s'éveiller et être debout, mais pour disparaître et mourir d'une certaine façon sous la tonne d'informations. C'est une très belle image.

S'en suit comme c'est souvent dans les films de Moretti, le contrepoint familial, intime, après avoir parlé de l'Italie, c'est une systématique assez intéressante chez Moretti qu'il emploie tout en gardant l'idée de fragments, voyez il prend des images à droite et à gauche, il ne peut pas s'empêcher effectivement de capturer des choses, de capturer des fragments d'images, c'est un vrai réalisateur à tous les niveaux et à tous les moments du film. Alors s'en suit dans cette séquence qui est tournée chez lui, avec sa vraie famille, sa vraie belle mère et sa femme, une séquence plus intime sur l'identité, l'identité individuelle et familiale et s'en suit donc cette séquence où il cherche avec sa femme, sa vraie femme, des prénoms pour leur enfant, ils ne savent pas encore si c'est un garçon ou une fille, et donc ils cherchent des prénoms, des identités.

Est évoqué à un moment donné, avec ironie, le prénom Federico, peut-être certainement une référence à Fellini que Moretti aime beaucoup, mais Federico leur fait un peu peur, il leur semble un peu trop imposant comme prénom effectivement. On sent encore l'influence de Fellini qui venait de disparaître au moment du tournage sur Moretti cinéaste et sur sa démarche et s'en suit effectivement le prénom Giovanni, qui est évoqué, qui est en réalité le vrai prénom de Nanni Moretti. C'est la première fois qu'on l'entend, ou quasiment dans un film de Moretti. C'est un dévoilement de sa propre personne. C'est vrai qu'avec JOURNAL INTIME c'était la première fois que son personnage s'appelait Nanni Moretti.

Dans tous les premiers films de Moretti le personnage qu'il incarnait s'appelait Michele et avec JOURNAL INTIME et APRILE c'est la première fois dans la carrière de Moretti qu'il affiche sa vraie identité d'être humain et de citoyen, c'est à dire celle de l'artiste, Nanni Moretti, et celle de l'individu, de l'homme, Giovanni. Le film donc parle de cette identité nationale et de cette identité familiale, et de celle de ce réalisateur qui se dévoile on ne peut plus. Il parle évidemment, là au téléphone, de cinéma. On a pu voir déjà dans ses précédents films son attachement et sa passion, qui est aussi un fondement de son identité, pour le cinéma.

Il parle sans arrêt de film dans APRILE. Là, ici, au téléphone, d'un film américain. Il a un peu de mal avec les films américains en particulier. Et d'autres extraits qui parcouront le film. Voila, c'est un attachement de Moretti pour le cinéma, il pense que les réalisateurs doivent absolument voir les films au cinéma, c'est pour ça qu'il y autant de films, autant d'extraits de cinéma dans ses films, c'est vraiment une démarche chez lui qui est capitale. Quand je parle de démarche évidemment j'en reviens à quelque chose qui est secret dans ses films et qui est constant : le rapport à la marche et le rapport aux chaussures.

Alors il y a quelque chose d'assez singulier dans ses films c'est qu'il est un petit peu obsédé par les chaussures. Vous allez voir dans la séquence qu'il sort de la boîte des petits chaussons. Il se trouve qui se trouve dans l'un de ses films qui s'appelle BIANCA qu'il a réalisé en 84, le personnage qu'il incarne fait une collection de chaussures. Dans le film suivant qu'il tournera, "la chambre du fils", il interprète un psychanalyste qui a dans une armoire, dans laquelle se trouvent des dizaines de chaussures également. Et cette séquence se termine par les chaussures effectivement, les petites chaussures de son enfant, qui est assez emblématique, au fond et secrètement, de sa démarche au sens propre et au sens figuré, de sa volonté de marcher, de sa volonté sportive, on sait que c'est un grand sportif Moretti, de marcher et d'avancer dans la vie et à travers les générations. »

C'est à toi de t'exposer

« Moretti crie victoire. Il crie victoire pas pour les élections mais pour la naissance de son fils. Ça lui a été beaucoup reproché par certains. On a trouvé que Moretti se réfugiait dans sa vie privée pour ne plus parler de politique ou d'engagement politique. Ce qui n'est pas du tout juste dans le cas d'APRILE puisque son engagement est bien là, présent. Néanmoins, il se défend de ses critiques, notamment dans les interviews de Jean Gilli, disant que ses films ont toujours été autobiographiques. Et en ce sens le rapport père-fils que nous voyons dans cette séquence est fondamental. Il faut savoir que dans tous les films de Moretti, jusqu'à "Journal intime", le vrai père de Moretti apparaît dans ses films. Et il y a un rapport effectivement même dans les scénarios de père-fils très important dans l'ensemble de sa carrière. Et donc ici, ça trouve une certaine forme de, une première conclusion, dans sa carrière, avec la naissance de son fils et une recherche d'identité de Moretti dorénavant père.

Il y a un très beau moment où Moretti et son fils se retrouvent face au miroir. Et là l'identité, le miroir avec le spectateur, avec les spectateurs, se fait vraiment prégnant. Dans cette séquence, dans ce plan que nous voyons actuellement, il y a parallèlement toute la démarche de Moretti dans la vie et dans son engagement esthétique et politique. Là il installe des chaises, un peu comme au tout début du film, où à nouveau nous sommes spectateurs, observateurs, tout comme les protagonistes du film. Seulement, chez Moretti l'observation et être spectateur ne se limite justement pas à ça. Nous allons voir que dans quelques secondes les deux parents vont se lever et intervenir puisque leur bébé est en train d'hurler et ils ne le supportent pas. Et je crois que c'est très emblématique, très symbolique, de la démarche même de Moretti. Il ne peut pas rester seulement assis et spectateur. Il doit intervenir et c'est à lui de s'exposer évidemment.

La carrière de Moretti a bien su montrer je crois sa volonté de s'exposer, de s'engager, à travers évidemment l'engagement intellectuel et esthétique mais aussi à travers la parole, puisque la parole chez Moretti est très importante, à profusion, avec une voix, une intonation très particulière, qui lui est propre, très spécifique et sur lequel il faudrait même écrire des études pourquoi pas. Nous retrouvons dans cette scène effectivement sa voix très particulière, son sens de la parole et du comique on pourrait dire. Ce rapport au fils que nous avons dans cette séquence est aussi dans APRILE toute la démarche du journal intime, c'est à dire se souvenir de ses moments-là. C'est pas seulement évidemment une scène comique ou un rapport d'un père angoissé à l'idée de porter son fils.

C'est aussi la démarche d'un réalisateur qui filme son fils, là on voit encore un effet miroir assez intéressant, pour se souvenir et pour garder une trace. Effectivement APRILE est ce film d'une trace que nous allons laisser, que Moretti laisse au spectateur et dans sa propre vie. C'est aussi le rapport, le rapport au corps chez Moretti qui est très important. C'est un sportif. Alors là on voit un petit détail, il est en train de faire des muscles à son fils et c'est évidemment très important, nous le verrons, dans le film APRILE où il est question de sport et plus tard dans "La chambre du fils" qu'il réalisera quelques années après APRILE. »

En avant! Moteur!

« APRILE se conclue sur le temps, le temps qu'il reste à Nanni Moretti. APRILE c'est aussi le mois d'avril, le mois de la naissance de son fils, le mois des élections, le mois de la libération. C'est aussi le mois du printemps, des premiers temps. Et le film se conclura effectivement sur un retour aux premiers temps. Et APRILE, donc c'est le bilan d'une certaine façon de Nanni Moretti, l'homme et l'artiste, à travers ce temps qui lui reste. APRILE a été fait en quatre ans et lorsqu'il regarde effectivement le temps qui lui reste c'est aussi le bilan de ce film, de tout ce qu'il a vécu pendant ce film, tout ce qu'il a connu et s'en suit donc le tournant d'une certaine façon de sa carrière avec LA CHAMBRE DU FILS quelques années plus tard. Le tournant amorcé dans ce raccord que nous allons voir et qui à mon avis n'est évidemment pas là par hasard. C'est le tournant d'une vie, le tournant dans sa vie d'artiste, à travers le vespa aussi qui un retour là aussi au printemps, aux premiers temps, et à travers ce court-métrage qu'il avait réalisé en 73, en vespa également.

C'est aussi le début de JOURNAL INTIME qui commence en vespa avec ce mouvement sur la route qui est fondamental sur le rapport au temps justement de Nanni Moretti et ce retour, ce retour aux origines dans la conclusion même de APRILE. Alors bien sûr c'est aussi le bilan lorsque Nanni Moretti va jeter donc toutes les coupures de journaux qu'on a vues au début du film et qu'il a emmagasinées au fil des années. Ces coupures de journaux, ce puzzle qu'il jette dans la rue, c'est la conclusion aussi de sa colère teintée de tendresse et de poésie par rapport à la presse notamment. Alors bien sûr on peut reprocher à Nanni Moretti cette espèce de critique constante qu'il a contre la presse italienne mais force est de remarquer, comme il dit que, "il a eu l'audace de se moquer de son cancer, il a aussi le droit de se moquer de la presse italienne", comme il le dit. Et effectivement dans cette scène il y a en plus peut-être d'une certaine critique face aux coupures de journaux une certaine tendresse, une certaine poésie. Donc en vespa toujours dans l'Italie qui est aussi toutes ses racines, il traverse en vespa, cette marque de fabrique italienne aussi, les origines, ses origines, avec son enfance, les lieux de son enfance. C'est un retour au printemps

La conclusion d'APRILE est vraiment basée sur le temps. Alors il revêt sa cape hivernale d'enfance et il me fait penser là dans cette image à un retour peut-être, à une espèce d'imagerie de Zorro, "je suis peut-être le Zorro de l'Italie", et en tout cas avec d'audace et d'originalité il avoue le rapport qu'il a justement aux racines et à l'enfance comme on a pu le voir dans les premières séquences de JOURNAL INTIME et de APRILE. Et donc dans cette dernière image, dans ces dernières images de APRILE on voit aussi cette envie de voyage qui aura été très fort dans JOURNAL INTIME et APRILE et ce besoin d'agir et d'intervenir et de courir et de bouger de Moretti qui hurle, qui hurle "moteur! moteur! moteur!" comme un manifeste humain finalement dans la conclusion d'APRILE. Il revient aussi au début avec la conclusion de cette comédie musicale qu'il avait évoquée au tout début de "Journal intime": Une comédie musicale sur un pâtissier trotskiste. Alors évidemment l'ironie est de mise mais ce surréalisme n'est pas nouveau dans la carrière de Nanni Moretti puisque dans un film qui s'appelle SOGNI D’ORO qu'il avait réalisé, il avait déjà mis en scène une parodie de comédie musicale sur mai 68. Il fallait le faire.

Il conclue en fait sa capacité à parodier aussi les idéologie et ce à quoi il se rapproche le plus avec une fantaisie et un besoin de danse dans une forme de cinéma, une approche du cinéma, très positive et évidemment c'est à l'encontre des films violents qu'il a pu montrer dans certains de ses films. C'est une volonté positive de vivre après l'expérience de son cancer aussi. Une conclusion assez inventive de sa carrière et de APRILE. Et ce dernier mouvement en avant dans le film qui fait miroir là une fois encore avec les spectateurs. C'est le cinéma qui nous filme, c'est Nanni Moretti qui nous regarde et comme à la fin de "Journal intime" il porte un regard sur nous aussi, qui sommes le miroir de ce qu'il est, et en ce sens, c'est un cinéma essentiel. »

Propos de A.TYLSKI, in DVD de APRILE Bonus "Analyses de séquences". Studio Canal 2004.Retranscriptions: Jean-Luc ANTONUCCI.

 

Copyright Cadrage/Arkhom'e 2006. International Standard Serial Number: ISSN 1776-2928